Albert Camus, l’Homme révolté

Albert Camus (1913 - 1960) journaliste redacteur en chef du journal Combat de 1944 a 1947 militantisme lecture du journal En Avant ! journal de l'Armee du Salut au Deux Magots en 1945. Crédit photo : René Saint-Paul/Rue des Archives

Albert Camus (1913 – 1960) journaliste rédacteur en chef du journal Combat de 1944 a 1947 militantisme lecture du journal En Avant ! journal de l’Armée du Salut au Deux Magots en 1945. Crédit photo : René Saint-Paul/Rue des Archives

Il y a cent ans naissait Albert Camus, un des plus grandes figures de la littérature française. 47 ans d’une vie d’engagements, dont quelques épisodes emblématiques sont ici racontés à travers quelques photographies.

Albert Camus

Dans l’atelier d’Etienne, tonnellier, oncle de Camus a Alger en 1920 : Albert Camus (7 ans) est au premier plan, au centre, avec une blouse noire. Crédit : Rue des archives

L’enfance en Algérie française

Fils d’un caviste disparu en 1914 lors de la Grande Guerre et d’une mère analphabète, Albert Camus s’est toujours décrit comme un enfant des quartiers populaires d’Alger. C’est son oncle Gustave Acault, anarchiste et franc-maçon, qui lui donnera accès à sa librairie et donc à la culture. A dix ans, il présente déjà une lucidité intellectuelle qui trouble son instituteur Louis Germain, qui le prendra sous son aile. Albert Camus restera fortement attaché à sa terre natale d’Algérie, qu’il ne quittera qu’en 1940. Quand il sera question de l’indépendance dans les années 50, il se prononcera contre, parlant de «formule purement passionnelle», même s’il dénonce la répression violente de l’Armée française.

Camus et Sartre en compagnie de Picasso, de Beauvoir et Lacan le 16 juin 1944. Crédit : Brassaï

Camus et Sartre en compagnie de Picasso, de Beauvoir et Lacan le 16 juin 1944. Crédit : Brassaï

Juin 1943: rencontre avec Jean-Paul Sartre

Ces deux figures éminentes de la littérature et de la philosophie française ont entretenu une relation amicale tumultueuse, tantôt rivaux, tantôt complices. Réunis par la passion commune de la poésie et du théâtre, ils sont amenés à se retrouver autour d’une scène comme en 1944 dans Le Désir attrapé par la queue de Picasso (la troupe pléthorique est réunie sur la photographie ci-contre). Chacun traite de l’absurdité de l’existence, mais quand Jean-Paul Sartre dépeint un existentialisme pessimiste, Camus adopte une approche plus optimiste. L’histoire littéraire retient surtout les réserves adressées à propos de leurs productions respectives. Une relation proche du «Je t’aime, moi non plus», qui n’est certainement pas étrangère à l’émulation intellectuelle engendrée par leurs débats.

Albert Camus avec l equipe du journal "Combat" Aout 1944 © Rene Saint Paul / Rue des Archives

Albert Camus avec l’équipe du journal « Combat » Août 1944
© René Saint-Paul / Rue des Archives

Août 1944: rédacteur en chef du journal Combat

Organe de presse de la France résistante, de gauche et non communiste, Combat est né en 1941 dans la clandestinité. Déjà considéré comme une figure de l’intellectuel engagé, Albert Camus va rejoindre l’aventure de ce quotidien dès 1943. Faisant valoir de nombreuses expériences dans le journalisme depuis 1938, notamment aux côtés de son ami Pascal Pia, Camus va devenir le rédacteur en chef de Combat. Il signe de sa plume de nombreux éditoriaux où il préconise des orientations pour la France libre. Cependant, il développe une certaine forme de lassitude, alors que les ventes ne cessent de chuter. Il quitte son poste en juin 1947.

Albert Camus avec sa femme Francine félicités par l'ambassadeur de Suède. Crédit : Rue des Archives

Albert Camus avec sa femme Francine félicités par l’ambassadeur de Suède. Crédit : Rue des Archives

10 décembre 1957: prix Nobel de la littérature

Reconnaissance suprême pour un écrivain, le prix Nobel de la littérature distingue à 44 ans Albert Camus, «pour l’ensemble d’une œuvre qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant, les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes». Il rejoint au prestigieux palmarès les Rudyard Kipling, Anatole France, William Faulkner et Ernest Hemingway. Lors de son discours à l’ambassade de France de Stockholm, il tente de définir le rôle et les devoirs de l’écrivain dans la société de l’après-Guerre, «au service de la vérité et de la liberté».

4 janvier 1960: l’accident de la route fatal

Rentrant de sa résidence du Lubéron pour regagner Paris, Albert Camus prend place sur le siège passager de la Facel-Vega FV3B. Il y est accompagné par son ami et éditeur Michel Gallimard, sa femme Jeanine et leur fille Anne. Sur la Nationale 6, au niveau de Villeblevin dans l’Yonne, Gallimard perd le contrôle de cette voiture réputée capricieuse. Celle-ci terminera son chemin dans un platane, tuant les deux passagers avant: Michel Gallimard et Albert Camus, alors âgé de 47 ans. Il sera enterré à Lourmarin, village du sud de la France où il aimait se réfugier. En 2009, Nicolas Sarkozy a envisagé transférer sa dépouille au Panthéon. Un dernier hommage auquel s’est opposé son fils Jean, craignait une récupération politique, Camus étant toujours considéré comme un des fondateur idéologique de la France contemporaine.

Carcasse de la voiture d'Albert Camus. Crédit : Jean-Jacques Lévy/AP

Carcasse de la voiture d’Albert Camus. Crédit : Jean-Jacques Lévy/AP

Mathieu Rollinger

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Une réflexion sur “Albert Camus, l’Homme révolté

  1. […] de trouver un amusement quelconque». Une ode à la joie de vivre. n’est-ce pas? Albert Camus et Jean-Paul Sartre auraient «adopté l’ennui comme un mode de vie et […]

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