« Edge of Tomorrow » : Tom Cruise mourra un autre jour

Emily Blunt et Tom Cruise renaissent dans Edge of Tomorrow.

Emily Blunt et Tom Cruise renaissent dans Edge of Tomorrow.

BLOCKBUSTER – Le dernier film de Doug Liman immerge l’acteur dans un jour sans fin haletant. Une production hollywoodienne qui puait la surenchère mais qui vaut plus que ça. Voici cinq raisons d’aller voir ce film en salle depuis le 28 mai.

Les chaînes d’information sont en alerte pour annoncer l’invasion d’une force extraterrestre sur le continent européen. Le Major William Cage (Tom Cruise), officier américain, est affecté de force dans une section de l’armée britannique pour participer au débarquement sur les côtes françaises. Gradé sans réelle habilité au combat, il va vivre une journée tragique qui le conduit à être rapidement anéanti par un Alpha, sorte de méduse surpuissante. Mais lors de ce face-à-face, il est imprégné du sang de cette créature, ce qui va lui conférer un pouvoir exceptionnel.

Désormais, à chaque fois qu’il trouve la mort, Cage se retrouve projeté au moment de son arrivée sur le camp de base, avant le débarquement. Dans cette boucle temporelle, il est le seul à connaître le destin de cette mission qui court au désastre. Conscient de l’avantage qu’il peut tirer de cette capacité, il doit convaincre son état-major de faire confiance à son expérience prémonitoire. Il va ainsi rencontrer Rita Vrataski (Emily Blunt), « l’Ange de Verdun », qui a déjà fait gagner quelques batailles grâce à ce même don mais qui l’a aujourd’hui perdu. En mettant en commun leurs compétences, ils vont essayer ensemble de détruire l’Oméga, source d’énergie de toute la force ennemie et ainsi mettre fin à l’occupation mutante.

Remember Summer 44. Globalement, Edge of Tomorrow est un film d’action et de science-fiction de bonne facture. Dans un contexte de commémoration des 70 ans du débarquement allié sur les plages de Normandie le 6 juin 1944, cette intrigue met en perspective ce que pourrait être une guerre mondiale à l’heure du numérique. Exosquelettes et armes technologiquement abouties offrent un prolongement corporel redoutable à des soldats trop timorés comme Bill Cage ou des mercenaires peu scrupuleux comme ceux de la section J. Cependant, ils ne sont pas moins vulnérables que leurs ancêtres dévorés par le feu nazi sur la plage d’Omaha. Même si le film de Doug Liman offre une énième représentation de la bravoure yankee, face à la tyrannie d’une obscure force ennemie, laissant apparaître de beaux moments de patriotisme exacerbé, il ne tombe pas dans une apologie sans nuance des forces armées de l’OTAN.

La régénération d’un acteur. Tom Cruise, l’homme qui ne vieillit jamais, est parfait pour incarner ce personnage qui renaît sans cesse. Alors qu’on est aujourd’hui habitué à le voir dans le costume du sauveur de l’humanité, il arrive à jouer à contre-emploi au début du film, militaire bureaucrate désarmé et candide lorsqu’il pose une ranger sur le terrain, avant de s’aguerrir et revenir à ce qu’il sait faire de mieux, être celui qui, au bout du suspens, arrivera à faire triompher cette mission impossible et à faire chavirer le cœur d’une amazone indomptable. Ainsi, la distribution est plutôt convaincante, avec une Emily Blunt dans la peau d’une Jeanne d’Arc beaucoup plus charmante que le veut la légende et un Brendan Gleeson en Général plein de flegme.

Comme dans un cocon avec l’effet papillon. Le procédé qui vise à répéter les mêmes actions, en changeant à chaque fois seulement quelques détails pour faire évoluer l’histoire, est une vieille connaissance rencontrée dans des films comme L’Effet Papillon (d’Eric Besse et J. Mackye Gruber, 2004) ou de Mr. Nobody (Jaco van Dormael, 2009). Ainsi, cela pouvait laisser craindre une vraie lenteur du récit, avec un côté prévisible inquiétant. Mais hormis la première demi heure du long-métrage (sur 1h50), Doug Liman arrive à tenir le spectateur en haleine. Les protagonistes sont confrontés à un problème peu difficile à comprendre et chaque spectateur peut se mettre à leur place pour essayer de savoir ce qu’il faut changer pour arriver au but final.

Arcade et reset. La caractéristique la plus intéressante d’Edge of Tomorrow est sûrement l’intégration dans une fiction des codes du jeu vidéo. Cette boucle temporelle, ou le héros revient à chaque fois au même niveau tant qu’il n’a pas surmonté l’épreuve fait directement appel aux jeux de plateforme du Super Mario à Sonic en passant par Zelda. Alors qu’un système de vie permet au joueur d’apprendre ses échecs avant de se voir remercié d’un sentencieux « Game Over », William Cage bénéficie de plusieurs tentatives pour accéder au dernier niveau, contre le boss final : l’Oméga. En imaginant que l’exosquelette a les mêmes fonctions qu’une manette de console de jeu, on arrive à une mise en abîme du jeu vidéo, qui est aujourd’hui considéré par certains comme une forme d’art.

Cohérence made in France. Une critique négative est cependant à formuler sur la crédibilité de l’action. Le film est annoncé comme dans un futur proche, comme l’atteste la présence du président François Hollande dans le flash info du début. Même si les effets spéciaux donnent un panache certain au film, le choix de temporalité, censé happer le spectateur, ne rend que plus utopiste les rebondissements scénaristiques : depuis quand un Renault Espace, qui plus est encombré d’une caravane, peut faire des pointes de vitesse digne d’une grosse cylindrée allemande ? A-t-on déjà vu un agriculteur bourguignon posséder un hélicoptère ? A croire que Luc Besson aurait son nom au générique.

Mathieu Rollinger

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